9.11.2001 MEMORIAL

dimanche 11 septembre 2016

Hi !

15 ans déjà... 15 ans que ces deux tours dominant New York se sont effondrées, frappée par le terrorisme, sous les yeux d'un monde horrifié et impuissant.
C'était le 11 septembre 2001. Je n'avais alors que 4 ans, et aussi étrange que cela puisse paraitre, je me souviens parfaitement de ce jour. Je crois d'ailleurs que c'est le souvenir le plus ancien dont je puisse me rappeler. Je me souviens que mes grands-parents étaient venus me chercher à l'école maternelle à 16h. Je me souviens qu'ils avaient mit la radio pour écouter les informations dans la voiture. Je me souviens qu'arrivé chez eux, ils ont allumé la télé, pendant que je prenais mon goûter, que ma mamie m'a dit "Regardes Pauline, il se passe quelque chose d'important et de très grave à New York". Et j'ai regardé. Et je me souviens des images, des tours frappées par les avions, de la fumée noire, des flammes, des tours s'effondrant sur elles-mêmes. Je me souviens même avoir vu Georges W. Bush (je ne savais évidemment pas qui il était à l'époque) adresser son discours aux Américains et au reste du monde, sous le choc. Est-ce que je comprenais réellement ce qu'ils se passait, de quoi il était question ? Est-ce que je comprenais que ces petits points que je voyais dégringoler le long des immeubles en feux étaient des personnes désespérées et terrifiées, préférant sauter dans le vide que de mourir brûlées, asphyxiées, ou pire... ? J'en doute. Tout ce que je sais, c'est que j'avais compris, avec mon innocence, mon insouciance et ma vision du monde d'enfant, que des gens étaient morts parce que des méchants (pour reprendre mes mots de l'époque) avaient pris des avions pour foncer dans des tours. Mais je ne pense pas que j'avais saisi la dimension réelle de la chose.

En 2007, je regarde pour la première fois le film "World Trade Center", avec Nicolas Cage, qui relate la journée de deux policiers ayant vécu les évènements du 11 septembre.

Il y a 7 ans, en août 2009, je suis allée à New York pour la première fois de ma vie, avec mes parents et mon frère. Par curiosité nous sommes passé devant "Ground Zero", pour voir ce qu'il en restait, et ce que c'était en train de devenir... Nous n'avions pas vu grand chose. Le site était à cette époque en travaux, encadré par des passerelles vitrées ou grillagées permettant aux New Yorkais et aux touristes de se promener et de circuler dans la ville, sans jamais traverser le chantier. C'est d'ailleurs grosso modo ce que nous avons vu : un chantier, des grues, du béton, du metal et deux grands trous béants à la place des tours.



L'été dernier, en août 2015, je suis retournée à New York, toujours avec mes parents et mon frère.
Cette fois, nous avons pu voir le site de "Ground Zero" achevé. Ces deux mêmes immenses trous béants sont devenus des fontaines, à l'emplacement exact des deux tours et reprenant les dimensions de leurs bases. L'eau de ces bassins s'écoule paisiblement, pour finir par se jeter dans un trou qui semble sans fond. Tout autour, les noms des 2977 victimes sont gravés, classés selon l'étage ou le lieux ou ils travaillaient.
Chaque jours, des milliers de New Yorkais ou de touristes viennent se recueillir et se souvenir autour de ces fontaines, en profitant du calme et de la sérénité respectueuse de Memorial Plaza.

La One World Trade Center (ou Freedom Tour), cette grandiose tour miroitante  est désormais la plus haute de Manhattan, dominant la ville.
La verdure, organisé de manière géométrique, presque martiale autour des bassin, avec ses chênes, et un poirier, le seul arbre retrouvé dans les décombres, symbole d'espoir.


Et le 9/11 Memorial Museum, un musée des plus bouleversants que j'ai jamais vu.
On y voit les fondations des tours (dont les fameuses poutres en forme de tridents), des escaliers, des pans de murs etc. retrouvés dans les décombres. Des vestiges d'objets divers liés a l'évènement comme des camions de pompiers détruits.




Dans le Memorial Hall, tout un mur est recouvert de petit carrée "bleu ciel", avec au centre la citation "NO DAY SHALL ERASE YOU FROM THE MEMORY OF TIME" de Virgile, que l'on peu traduire par "Rien ne vous effacera jamais de la mémoire du temps".


Les 4 murs d'une pièce sont recouverts des photos de toutes les victimes, avec leur histoire et leur identité, consultable de manière interactive.
Un peu partout, les mêmes images tournent en boucle : Le premier avion, le second, les tours s'effondrant sur elles-mêmes l'une après l'autre, les gens se jetant des fenêtres, des interviews de témoins, de passants, de touristes, les  vidéos de surveillance sur lesquelles on aperçoit les terroristes passant les contrôles de sécurité dans les aéroports quelques heures avant le drame... Chaque moment de la journée est décortiqué, analysé, décrit, de façon à nous donner l'impression de revivre l'atrocité des évènements.
Par endroits, on peut voir des avis de recherche émis par des New Yorkais n'ayant plus de nouvelles de leur proches.
De ci, de là, on peut également trouver des téléphones. En les décrochant et en écoutant ce sont des messages vocaux que l'on entend, laissé sur les répondeurs des victimes (et parfois des survivants) par leur proches. Parfois ce sont ceux qui sont dans les tours que l'on entent, tenter de rassurer leurs proches. Mais parfois aussi, on entent les passagers des avions adresser un dernier au revoir à leurs parents, leurs enfants, leur conjoint...

Ce que peu de personnes savent, c'est qu'il y a eu 4 avions détournés au total. Les trois premiers, visant respectivement les Twins Towers à NY et le Pentagone a Washington ont atteint leur cible. Le 4ème, qui visait le Capitol (également situé à Washington) n'a jamais atteint sa cible, et s'est écrasé dans un champs à Shanksville en Pennsylvanie, ne laissant hélas aucun survivant. Le musée leur rend également hommage.


À la sortie du musée, l'émotion est forte. Je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes, tant ce musée m'a touchée.
Ma mère m'a dit en sortant du musée "Ca fait quelque chose quand même. De visiter le musée d'un évènement qui nous est contemporain, que l'on a connu." Je n'avais pas vraiment fait attention à ça avant qu'elle le souligne, mais c'est vrai. J'ai visité beaucoup de musée dans ma vie, mais les périodes qu'ils relataient était souvent assez "abstraites" pour moi, parce lointaines (même si certains ont pu être vécus par nos grand-parents). Mais se rendre dans le musée d'un évènement dont on se souvient, c'est tout de suite plus concret, et d'autant plus marquant.

À la mémoire de tout ceux qui ont perdu la vie le 11 septembre 2001. 

Your sweet words :